LUBRIZOL : les suites...


Suite à l'incendie de Lubrizol, voici des informations utiles en lien avec notre commune :

  1. L'arrété préfectoral
  2. Des "questions-réponses" issues de l'ARS (Agence Régionale de Santé Normandie)
  3. résultat des campagnes de prélèvement autour de la dioxine ( MAJ du 10 octobre 2019)
  4. Nouvelles communications officielles (MAJ du 17 octobre 2019)





  1. Restrictions sanitaires de mise sur le marche de productions alimentaires suite à l'incendie de Lubrizol du 26 septembre 2019 - Arrête préfectoral 19-159




[ Le fichier pdf de l'arrêté du 2 octobre 2019
(Mise à jour ! : lien modifié depuis le 03/10/19)



  • Que s’est-il passé? A la suite de l’incendie qui s’est déclaré dans la nuit du 25 au 26 septembre 2019 à l’usine Lubrizol située dans l’agglomération rouennaise, un panache de fumée, très important et très impressionnant, de plusieurs kilomètres de long s’est constitué a généré par endroit des dépôts de suie et de poussières. Par ailleurs, les produits stockés sur le site et impactés par le sinistre, contenaient des hydrocarbures. Leur dégradation conduit à l’émission d’odeurs parfois fortes, d’hydrocarbures et/ ou de mercaptans. Elles peuvent être encore perçues pendant le temps de refroidissement des fûts, à proximité du site, et à distance, en fonction de l’intensité et la direction des vents.
  • Quelles sont les risques pour la santé des retombées de l’incendie ? Etant composées de particules assez lourdes, elles se sont rapidement déposées au sol sous forme de suies, ce d’autant qu’il a plu le jour même de l’incendie. En l’état actuel des connaissances, le risque principal est lié à l’ingestion accidentelle de suies, notamment par les très jeunes enfants par les mains ou des jouets souillés. D’où l’importance de nettoyer ces suies. Les premiers résultats d’analyses sur les métaux et les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), prélevés à différents endroits sous le panache ne mettent pas en évidence un impact au-delà du site lui-même. Toutefois, des résultats sur d’autres paramètres (dioxine) sont attendus et d’autres prélèvements vont être réalisés. Aussi, il convient d’être prudent et de mettre en œuvre les mesures d’hygiène permettant de limiter au maximum l’exposition, comme le lavage des mains, le nettoyage du logement et des abords en cas de présence de suies.
  • Y-a-t-il un risque lié à l’amiante pour la population ? La toiture d’un bâtiment du site était constituée de plaques de fibrociment contenant de l’amiante. Elle s’est effondrée pendant l’incendie. Le retour d'expérience récent sur ce genre de sinistre, montre que le risque de dispersion de fibre est limité par l'effondrement rapide de la toiture. Des mesures de fibres dans l'air réalisées dans le site et dans un rayon de 300 mètres se sont révélées négatives. Des morceaux de fibrociment, projetés lors de l’incendie peuvent être retrouvés autour du site. Il convient de ne pas les manipuler et leur enlèvement sera organisé dans le cadre d’une filière spécialisée.
  • Qu’en est-il de la qualité de l’air et des odeurs ? Les dernières analyses des paramètres de la qualité de l’air, habituellement mesurés par les capteurs d’ATMO Normandie (association en charge de la surveillance de la qualité de l’air en Normandie) sont comparables aux valeurs habituellement mesurées sur l’agglomération. Les pompiers ont effectué des mesures sur les composés présentant des risques d’intoxication à court terme dès la nuit de l’incendie, comme le monoxyde de carbone, le dioxyde de soufre et l’hydrogène sulfuré, afin de vérifier le risque immédiat pour leurs interventions et la population riveraine. Ces mesures n’ont pas mis en évidence de risque pour la population. Les composés organiques volatils (COV) mesurés sous le panache au cours de l’incendie par ATMO Normandie n’ont pas mis en évidence d’impact au-delà même du site. Pourtant les habitants ont perçu et peuvent encore percevoir des odeurs très fortes. Ces odeurs sont liées aux hydrocarbures, mercaptans et résidus d’hydrocarbures présents en grande quantité sur le site et qui ont été impactés par l’incendie. Ces odeurs persistantes peuvent, lorsqu’elles sont intenses, occasionner ponctuellement des gênes (nausées, maux de tête ou irritations).
  • Je suis inquiet pour ma santé ou celle de mes proches, ou je ressens des symptômes inhabituels, qui dois- je contacter ? En cas de doute sur son état de santé, ou celle d’un proche, il convient de contacter le médecin traitant. En soirée (de 20h à 8h) et le week-end, appelez le 116117. Le 15 est réservé aux urgences vitales.
  • Où puis-je consulter les résultats des analyses environnementales ? Plusieurs organismes ont en charge le suivi environnemental de l’impact de l’incendie. La préfecture de Seine Maritime centralise les informations. Les résultats et interprétations sont consultables sur le site de la préfecture : http://www.seine-maritime.gouv.fr/Actualites/Mise-a-jour-Incendie-au-sein-de-l-entreprise-Lubrizol
  • Que faire en cas de contact avec les suies ? En cas de contact cutané accidentel avec les suies, il convient de se laver immédiatement avec du savon ordinaire et en cas de contact avec les yeux, les rincer avec du sérum physiologique. En cas d’ingestion accidentel de suies ou d’agrégats (notamment par les enfants), contacter le 15 en cas de symptôme ou le Centre Antipoison et de Toxicovigilance (02 41 48 21 21).
  • Est-ce que je peux consommer l’eau du robinet ? L’eau du robinet peut être consommée sans risque pour la santé en Seine-Maritime, y compris dans les secteurs qui ont été directement concernés par le panache de fumées. En effet, l’alimentation en eau potable provient exclusivement de captages d’eau souterraine Il n’y a aucun captage sur la Seine et aucun captage en rivière ou retenue d’eau dans le département. Les sociétés qui exploitent les installations de production et de distribution d’eau potable ont été mises en alerte dès le 26 septembre. Des analyses ont été pratiquées sur les chateaux d’eau les plus impactés par le panache de fumées et les résultats sont conformes aux normes de potabilité. Par ailleurs, une surveillance renforcée de la qualité de l’eau est mise en place sur les ressources d’eau souterraines, utilisées à des fins d’alimentation humaine susceptibles d’être influencées par les eaux de surface.
  • Peut-on consommer les produits du jardin ? Il est recommandé de ne pas consommer les fruits et légumes souillés par les suies. En revanche, s’agissant d’une pollution visible, les fruits et légumes qui ne portent aucune trace de souillure peuvent être consommés sans difficultés après lavage, comme à l’ordinaire. A l’inverse, s’agissant d’une pollution visible, les fruits et légumes non touchés peuvent être consommés, après avoir été lavés et/ou épluchés, comme d’ordinaire. Il faut également veiller à ne pas nourrir les animaux destinés à une auto-consommation, en particulier les poules, avec des aliments souillés par les suies. Concernant les œufs, en cas de présence de suie dans les poulaillers, ne pas consommer les œufs.
  • Que faire avec l’eau de pluie que j’ai récupérée si elle est souillée par des suies ? Cette eau ne doit pas être utilisée (pas d’arrosage du potager, ni d’abreuvage des animaux), il convient de vider le récupérateur vers le réseau d’eaux usées ou d’eaux pluviales, puis de rincer le réservoir.
  • Que faire si j’ai un réseau intérieur alimenté par de l’eau de pluie ? Déconnecter le réseau, le vidanger et le nettoyer. Ne pas le réutiliser tant que l’eau est souillée.
  • Comment nettoyer mon logement ? En cas de présence de suie dans l’habitation et de ses abords, il convient de nettoyer le logement (sols, mobiliers, fenêtres, jouets…) et les extérieurs (mobiliers de jardin, jeux d’enfants, terrasses…) en évitant les contacts cutanés et avec les muqueuses, aussi faut-il protéger sa peau en mettant des gants de ménage. Il est important de nettoyer uniquement à l’humide (avec de l’eau), sans utiliser de nettoyeur haute pression ou de balayage à sec pouvant mettre en suspension les particules de suies. Si les dépôts présentent un caractère graisseux, il est recommandé d’utiliser du nettoyant vitres et de l’essuie tout, ou de l’eau avec du détergent et un linge propre (par exemple des serpillères ou des chiffons industriels à haut pouvoir absorbant) 
    • – changer l’eau et le linge souvent, en particulier entre le nettoyage des parties extérieures des ouvrants 
    • – fenêtres et rebords. Il convient de ne pas utiliser d’aspirateur, pouvant remettre en suspension des particules. S’agissant des installations de ventilation, les grilles d’entrée d’air peuvent être encrassées. Il convient de les nettoyer avec une éponge ou un linge humide. Les installations de ventilation mécanique double flux sont équipées de filtres sur les prises d’air neuf. Il est important de vérifier l’état d’encrassement des filtres et les changer si nécessaire. Une fois le nettoyage effectué, plusieurs actions permettent de limiter la re-contamination des logements, par les chaussures, notamment : 
      • laisser devant l’entrée les chaussures utilisées à l’extérieur et les poussettes, trottinettes, etc., 
      • nettoyer les objets qui ont été en contact avec la chaussée, notamment les jouets (ex. ballon) utilisés par les enfants, 
      • procéder régulièrement à un nettoyage humide des jouets et objets (ex. doudous) pouvant être portés à la bouche par les enfants, 
      • procéder régulièrement à un nettoyage humide de l’entrée, des ouvrants, terrasses, balcons et rebords de fenêtres.
  • Peut-on pratiquer les activités sportives en extérieur (football, tennis, rugby, etc…) ? Oui, en s’assurant qu’il n’y ait pas de dépôts sur les pelouses ou terrain avec le risque de contact.
  • Où puis-je consulter les informations et communiqués sur l’incident en temps réel, pour avoir plus d’information ? Ces informations sont communiquées par la préfecture de Seine Maritime : http://www.seine-maritime.gouv.fr/Actualites/Mise-a-jour-Incendie-au-sein-de-l-entreprise-Lubrizol
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3 - résultats des campagnes de prélèvement autour de la dioxine
Les résultats de deux nouvelles campagnes de prélèvements dans les suies ne révèlent pas de présence significative de dioxines dans l’environnement.
Des campagnes supplémentaires sont prévues pour compléter ces recherches.
À la demande de la Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement de Normandie (DREAL Normandie) par le service départemental d’incendie et de secours (SDIS), trois campagnes de prélèvements ont déjà été réalisées dans les suies retombées à la suite de l’incendie, en parallèle des prélèvements sur les productions agricoles. Ces prélèvements ont été analysés pour rechercher la présence éventuelle de dioxines dans les suies.
Une première série de résultats a été transmise le mardi 1er octobre. Les résultats des deux autres campagnes sont désormais également disponibles. Ils ont été reçus le mardi 8 octobre.
Il s’agit des analyses de 19 prélèvements de suies effectués sur des lingettes. Les résultats ne mettent pas en évidence de présence significative de dioxines.
1ère campagne de prélèvements
La première campagne de prélèvements a été réalisée dès le 26 septembre à proximité des écoles de l'agglomération rouennaise (communes de Rouen, Mont-Saint-Aignan et Quincampoix avec un point témoin à Saint-Etienne-du-Rouvray).
Les résultats ont été analysés par l’Institut national de l’environnement industriel et des risques (Ineris) et rendus publics le 1er octobre.
Ces résultats sont situés entre 0,04 et 0,20 ngTEQ/m². Cette variation des données est jugée peu significative. Ces données sont constitutives de ce qu’on peut qualifier de « bruit de fond », ce qui correspond à la concentration habituelle d’une substance dans un milieu donné, provenant de sources naturelles et/ou de sources d'origine anthropique diffuses.
2e campagne de prélèvements
Pour sécuriser les résultats de cette première campagne, une deuxième campagne de prélèvements a été demandée le même jour à Bureau Veritas. Cette campagne a consisté en 11 prélèvements par lingettes réalisés le 26 septembre dans l'agglomération de Rouen (communes de Rouen, Bois-Guillaume, Mont-Saint-Aignan, Isneauville, avec un point témoin à Petit-Quevilly).
Les analyses ont été faites par le laboratoire Eurofins et les résultats ont été reçus le mardi 8 octobre 2019. Ils sont entièrement négatifs : aucune trace de dioxine n’est décelée dans les suies prélevées.
3e campagne de prélèvements
Dans la mesure où ces deux campagnes de prélèvements étaient centrées sur l’agglomération rouennaise, elles ont été complétées avec des prélèvements effectués sur des suies dans deux autres secteurs du département, dans lesquels des retombées importantes de suies avaient été repérées. 3 prélèvements par lingettes ont ainsi été réalisés le 28 septembre dans le pays de Forges-les-eaux et le pays de Buchy (communes de Forges-les-Eaux, Neufchatel-en-Bray et Saint-Saens).
Les analyses ont été faites par l'INERIS et les résultats ont été reçus le 8 octobre 2019.
Les résultats sont compris entre 0,12 et 0,24 ngTEQ/m², sauf une valeur de 2,80 ngTEQ/m² relevée à Saint-Saens.
Toutes les valeurs mesurées dans le pays de Forges-les-Eaux et le pays de Buchy sont ainsi comparables à ceux mesurés dans l’agglomération rouennaise et sont constitutives de ce qu’on peut qualifier de « bruit de fond ».
Quand à la valeur relevée à Saint-Saens, il est possible qu’elle soit issue d’une erreur d’échantillonnage, car le prélèvement a été opéré sur une table de ping-pong peinte. Afin de lever le doute sur cette valeur singulière, des analyses supplémentaires sur cette peinture vont être réalisées par l’INERIS.
Sur la situation dans la commune de Préaux
Des prélèvements de poussière et d’eau de pluie avaient en outre été opérés dès les premiers jours par l’association de surveillance de la qualité de l'air ATMO Normandie. 6 prélèvements de retombées ont ainsi été réalisés entre le 26 septembre et le 27 septembre dans l'agglomération de Rouen et jusqu'à Quincampoix (communes de Rouen, Mont-Saint-Aignan, Bois-Guillaume, Préaux, et Saint-André-sur-Cailly).
Les analyses ont été confiées par Air Normandie au laboratoire TERA et les résultats ont été reçus par ATMO le 7 octobre 2019. Ces prélèvements ont été présentés et commentés par ATMO Normandie le 8 octobre. Un communiqué spécifique sur les valeurs ainsi relevées a été diffusé par ATMO Normandie en complément de cette présentation. Ce communiqué rappelle que la valeur de 12,66 pg/m²/jour I-TEQ reste dans les valeurs statistiques des mesures réalisées par ATMO Normandie, qui sont comprises entre 3,4 et 31,01 pg/m²/jour I-TEQ. Il convient de rappeler que l’analyse de l’impact sanitaire de la dioxine ne peut se faire au regard d’une seule valeur mesurée dans les précipitations à un instant t.
Les contacts utiles ont été pris par les autorités sanitaires avec la mairie de Préaux. Les explications ont été fournies. Afin de sécuriser la bonne information de la mairie de Préaux et des populations, de nouveaux prélèvements, de sols cette fois-ci, sont prévus à Préaux. Les résultats de ces prélèvements permettront de resituer le résultat déjà connu sur Préaux, sur les retombées, dans les premiers jours, par d’autres résultats sur la présence éventuelle de dioxine dans les sols à Préaux.
Prochaines campagnes de prélèvements
Deux nouvelles campagnes de prélèvements sont prévues pour poursuivre les recherches de la présence éventuelle de dioxines.
L’une sera ciblée sur les communes survolées par le panache, sur les hauteurs de Rouen, et dans les secteurs où des retombées importantes de suies ont été constatées, dans le pays de Forges-les-Eaux et le pays de Buchy. Dans le cadre de cette campagne supplémentaire, 60 prélèvements seront effectués dans les sols dans des espaces publics. Ces nouveaux prélèvements permettront de réunir une information complémentaire. Les résultats seront connus la semaine prochaine.

 Résultats des analyses > Dioxine

Communiqué : qualité de l'eau du robinet
Des investigations poussées de recherche de substances chimiques dans l’eau destinée à la consommation humaine, bien au-delà du contrôle sanitaire habituellement réalisé par l’Agence régionale de santé de Normandie, ont été réalisées depuis le 26 septembre.
De nouveaux résultats de cette surveillance effectuée dans la zone du panache de fumée sont aujourd’hui disponibles pour les eaux souterraines. Ils concernent des prélèvements réalisés entre le 30 septembre et le 7 octobre et viennent compléter les données publiées le vendredi 4 octobre. Les résultats obtenus confirment l’absence ou la présence en concentrations très faibles et bien inférieures aux valeurs sanitaires de référence, des produits recherchés.
L’eau du robinet est propre à la consommation en Normandie : elle peut être consommée sans risque pour la santé, y compris dans les secteurs de Seine-Maritime qui ont été directement concernés par le panache de fumées.
Pour rappel, les analyses sur l’eau destinée à la consommation humaine distribuée par le réseau public ont été réalisées par l’ARS dès le jour de l’incendie. Des réservoirs d’eau aériens ont d’abord été ciblés pour mesurer un éventuel impact du panache de fumée sur la qualité de l’eau stockée (des consignes de fermeture des aérations de ces réservoirs ayant été préalablement données aux exploitants). Des captages d’eau souterraine de la zone concernée par le panache de fumée ont ensuite été investigués pour mesurer un éventuel impact sur la qualité des eaux souterraines utilisées pour la production d’eau potable, par infiltration rapide dans le sous-sol d’eaux ayant pu entraîner des suies et retombées des fumées de l’incendie.
De nombreuses substances chimiques ont été recherchées par les laboratoires agréés par le Ministère chargé de la santé grâce à des méthodes analytiques performantes. Les analyses ont porté notamment sur des métaux, des Hydrocarbures Aromatiques Polycycliques (HAP) qui sont des composés issus de combustion, des solvants chlorés, des solvants benzéniques (Benzène, Toluène, Xylène), les hydrocarbures, les dioxines et furanes, les phtalates et les PCB (polychlorobiphényles).
Les tableaux de résultats des analyses réalisées entre le 26 septembre et le 7 octobre sont disponibles sur les sites internet de la préfecture de Seine-Maritime (www.seine-maritime.gouv.fr ) et de l’ARS de Normandie (www.normandie.ars.sante.fr ). La surveillance de la qualité de l’eau destinée à la consommation humaine se poursuit. Les résultats d’analyses seront communiqués régulièrement.

Communication 09 octobre 2019

Analyses et résultats :
Saisines :

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